Les algériens et la sexualité
Entre tabou et libération des mœurs
Sur le net, à travers les forums de discussion, sur les sites de rencontres, sur les blogs, les Algériens sont de plus en plus nombreux à évoquer leur sexualité sans gêne aucune. Mais, qu’en est-il dans la vraie vie, car dissimulé à travers un pseudo qui lui assure l’anonymat, le jeune n’a pas toujours le droit d’évoquer et encore moins de vivre sa sexualité au grand jour.
D’après un sondage d’opinion effectué auprès de 80 étudiants à la faculté d’Alger - centre, âgés entre 18 et 25 ans, portant sur le thème de la vision que portent les jeunes Algériens sur la sexualité aujourd’hui, les résultats sont venus confirmer une certaine libération des mœurs dans le rang des jeunes qui explorent de plus en plus précocement un domaine qui leur est, jusqu’ici, interdit.
Les jeunes n’hésitent plus à s’exprimer librement sur un sujet encore considéré comme tabou par leurs aînés. Mais derrière les discours, quelle est la réalité ?
Sur le net, à travers les forums de discussion, sur les sites de rencontres, sur les blogs, les Algériens sont de plus en plus nombreux à évoquer leur sexualité sans gêne aucune. Mais, qu’en est-il dans la vraie vie, car dissimulé à travers un pseudo qui lui assure l’anonymat, le jeune n’a pas toujours le droit d’évoquer et encore moins de vivre sa sexualité au grand jour.
La société algérienne conservatrice a toujours porté un regard chargé de préjugés sur la sexualité, ce qui a valu à la population une ignorance totale d’un aspect important de la vie.
La sexualité, dont la fonction ne se limite pas à la simple activité de reproduction, est un sujet entouré de silence et enveloppé de non-dits. L’éducation sexuelle qui, selon la confirmation d’une majorité des participants à ce sondage, est totalement absente au sein de la famille et encore moins au sein de l’école, pousse ces derniers à chercher à explorer seuls la sexualité et à trouver des réponses à leurs questions. Les questions posées dans ce sondage abordent les connaissances des jeunes en matière de sexualité, la nature de leur contexte familial, la vision qu’ils ont de la sexualité, leur niveau d’éducation sexuelle, leur conception du rapport intime.
Contexte familial rigoriste
Sur 80 étudiants, 60 ont décrit leur milieu familial comme étant réservé, voire frustrant contre 20 qui ont qualifié leur contexte de plus ou moins ouvert (c’est-à-dire plutôt tolérant et compréhensif). Les étudiants, garçons et filles, affirment qu’au sein de leur famille, il est quasiment interdit d’aborder des sujets ayant trait au sexe.
Toufik, un jeune étudiant en 2è année interprétariat, âgé de 21 ans, estime que la famille algérienne est encore loin de permettre à ses enfants de parler ouvertement de sexualité.
« On est vraiment très loin du contexte occidental où le garçon ou la fille vit librement sa sexualité et assume son choix, où on n’a pas honte de parler de pratiques sexuelles, considérées chez nous comme déviantes, telles que la sodomie ou l’homosexualité. Chez nous, sexualité est un interdit. Pensez-vous qu’il est possible pour un jeune de parler avec ses parents de sexe, notamment quand son éducation est puritaine et encore moins d’avouer avoir une copine ou d’entretenir des relations sexuelles avec elle ? Le fait déjà d’avouer son amour est, pour certains parents conservateurs, une atteinte à « la bonne éducation ». Nous, les jeunes, nous vivons actuellement notre sexualité d’une manière bien plus libre que celles de nos parents ou nos grands-parents, mais, contexte oblige, nous la vivons toujours en cachette. », déclare Toufik.
Education sexuelle en panne
Sur 80 étudiants, 64 affirment n’avoir aucune idée sur ce qu’est l’éducation sexuelle. Ils déclarent que les notions qu’ils ont acquises sur la sexualité ne sont que le fruit d’une série d’explorations individuelles rassemblées par des questions posées à des amis, par le recours à des livres traitant de la sexualité ou à travers les médias, particulièrement le net.
« Le tabou qui entoure la sexualité au sein de la société algérienne conservatrice fait que nombreux sont les jeunes qui passent sous silence leur sexualité. Mais, la réalité est qu’aujourd’hui, le sexe est véhiculé à travers les médias, la publicité, la télévision et Internet. Les gens sont de plus en plus nombreux à s’exprimer ouvertement sur des sites de rencontres, les forums de discussions qui assurent l’anonymat sur leur sexualité en posant des questions qu’ils seraient incapables d’aborder dans la vraie vie. Peut-on dans ce sens parler d’une forme de libération des mœurs ?
Evoquer la sexualité reste tabou chez nous et répondre à cette question nécessite la réalisation d’enquêtes psychologiques et sociologiques sur le thème. Ce qui reste rare chez nous à cause du tabou et des pressions sociales qui découragent les recherches en la matière. » affirme Mme. Ferhat, psychologue clinicienne.
Ce qui est déplorable, selon notre interlocutrice, au sein de notre contexte rigoriste est l’absence d’éducation sexuelle au sein de la famille et de l’école.
« Les jeunes ignorent tout de la sexualité. Enfants, les parents ont même honte de nommer les organes génitaux de leur chérubins, n’expliquent pas la différence des sexes, étouffent parfois brutalement leurs questions liées à la sexualité. Ce qui pousse ces derniers à chercher des réponses à leurs préoccupations en recourant à d’autres moyens. Informer les parents sur l’importance de l’éducation sexuelle, charger l’école de l’instruction sexuelle des enfants est indispensable. Changer de vision sur ce domaine vitale est une urgence. », continue Mme Ferhat.
Pour vivre heureux, vivre caché
Amina, une jeune étudiante en pharmacie, âgée de 23 ans, avoue vivre son histoire d’amour avec son copain, étudiant en médecine, mais en cachette.
"Je suis très amoureuse et très heureuse auprès de mon compagnon que je fréquente depuis trois ans. Mais, notre liaison reste secrète, car il est impossible de la vivre au grand jour étant notre contexte social. Pour une fille, il demeure plus difficile de vivre une relation amoureuse tout en ayant peur que son père ou son frère découvre le pot aux roses. Je m’arrange pour rencontrer mon compagnon à la fac et en dehors pour entretenir notre amour".
Sur 80 étudiants, plus de 61 affirment ne plus croire en l’amour platonique. Amour et sexualité, pour la plus grande tranche vont de pair et bien que ces derniers soient conscients de l’intolérance de leur contexte, ils trouvent toujours le temps et l’endroit pour échapper aux regards indiscrets afin de vivre en cachette leur liaison.
Virginité, preuve de dignité exigée
Questionnés sur la place qu’accorde la jeune fille Algérienne aujourd’hui à la virginité, 60 participants au sondage affirment que de par la valeur symbolique de cette membrane comme preuve de pudibonderie, les filles préfèrent la préserver. Cependant, ceci n’annule pas le fait d’entretenir une vie sexuelle sans pour autant attenter à leur virginité. "je sors avec mon copain, nous entretenons des relations intimes qui, je l’avoue, ne vont pas au-delà du flirt, car j’accorde une grande importance à ma virginité que je veux préserve jusqu’à mes noces", déclare Lina, 22 ans. Un décalage entre un Orient réprimant et un Occident libéral La jeunesse algérienne devient de plus en plus émancipée sur le plan sexuel. Même si une majorité, selon Mme Salmi, sociologue vit sa sexualité en cachette de peur du regard sévère de la société.
« On constate une libération de mœurs progressive qui doit faire l’objet d’enquêtes sociologique et psychologiques minutieuses. L’influence des médias, notamment du net, qui présentent aux jeunes aujourd’hui un monde de libertinage, de pornographie, de liberté d’expression sexuelle, régi par des valeurs largement différentes des notres, la frustrations sexuelle qui découle de l’éducation conservatrice dans notre société, l’absence de communication au sein de la sphère familiale, le silence et le tabou qui entourent la sexualité sont incriminables dans la situation dans laquelle se trouve la jeune génération tiraillée entre un Orient frustrant et un Occident tolérant.
Il est vrai que les temps ont changé, que les comportements et la vision que nos ancêtres portaient sur la question et celle de la nouvelle génération sont nettement différentes, mais la question essentielle aujourd’hui est d’étudier cette forme de libération de mœurs, d’étudier le changement qui s’opère dans la sphère sociale, de pallier le manque de communication liée à la sexualité, d’introduire l’éducation sexuelle pour encadrer les connaissances des jeunes en la matière et de leur apprendre, face aux médias, de porter un regard critique sur ce qui leur est exposé dans un quelconque domaine. », conseille Mme Salmi.
Bien qu’aujourd’hui la jeune génération s’exprime plus librement sur la sexualité, se livre plus facilement sur Internet et à travers les blogs, notre société conservatrice, régie par des mœurs rigides, continue à passer sous silence tout ce qui à trait à ce domaine. L’absence de l’éducation sexuelle n’en est que la preuve tangible.
Cependant, nul doute que la nouvelle perception des jeunes de la sexualité, reflet d’un éventuel mouvement de changement de mœurs, mérite de faire l’objet de sérieuses recherches sociologiques dans le domaine
The truth about love : Histoire d’une infidélité par Dalila Soltani
The truth about love est un film américain qui relate l’histoire d’un pari, d’un amour, d’une trahison et d’une désillusion. Le film évoque la vie intime d’un couple après quelques années de mariage. Une vie morose, un désir émoussé et une passion éteinte.
Le film trace l’histoire d’un jeune couple, l’homme brillant avocat, bel homme, animé d’un ardent désir de croquer la vie à plein dent. L’épouse, Alice, douce, moins ambitieuse et satisfaite de sa vie de femme comblée. Alice et sa meilleure amie, une nymphomane séductrice, se lance un pari qui s’avère, à la fin, révélateur. En effet, la copine qui ne cesse d’affirmer à son amie que tous les hommes sont biologiquement infidèles, demande à Alice, pour prouver ses propos, de tester la fidélité de son mari qui ne faisait certainement pas exception à la règle. Alice accepta le pari croyant en l’attachement de son époux.
Une lettre fut alors envoyée à l’avocat, portant pour signature un enivrant parfum et sur laquelle était mentionné le numéro d’une inconnue follement amoureuse. En attendant le dénouement de ce challenge, Alice continuait à croire en la fidélité de son compagnon. Ce qui ne fut pas le cas, puisque le mari, guidé par une impérieuse envie de découvrir l’inconnue à la voix si excitante fini par prendre goût au jeu. Annie s’est plu, au départ, dans le rôle qu’elle campait merveilleusement. Se mettre dans la peau d’une femme aguichante, pouvoir reconquérir en quelque sorte le cœur d’un mari qui semblait ne plus lui trouver de charme et arriver, par conséquent, à rompre la morosité qui enveloppait sa vie intime lui semblait un agréable divertissement.
Le jeu devient réalité quand l’inconnue décida de rompre le mystère en rencontrant son interlocuteur. L’avocat, encore une fois guidé par sa curiosité et un torride désir de goûter à l’amour que lui promettait la mystérieuse et sensuelle femme, accepta aisément l’invitation qui eu lieu dans une chambre d’hôtel. Sur la demande de sa compagne, l’homme se bandit les yeux et pénétra dans la chambre pour vivre, l’espace d’une heure, de fortes sensations avec une femme qui ne ressemblait point aux autres.
Avant d’enlever le bandeau qui lui couvrait les yeux, l’avocat déclara à son envoûteuse ne jamais avoir éprouvé auparavant un sentiment pareil avec toutes ses maîtresses. Sa femme, froide, manquant de sensualité, n’était rien à côté d’elle. L’épouse, blessée, anéantie par les confessions de son époux, quitta, à pas empressés, la chambre témoin de l’écroulement de toute sa vie de couple. Son mari la trompait et ce n’était apparemment pas la première fois qu’il y succombait au charme de la première venue. L’inconnue l’a envoûtée par sa sensualité, elle a su réveiller le monstre qui sommeillait aux profondeurs de son âme, elle lui a permis de pénétrer, en quelques instants, dans le monde de la jouissance suprême. Son mari, qui n’entretenait plus de rapports intimes avec elle depuis plus de quelque mois, ne la désirait plus. Son couple, son bonheur apparent, ses projets d’avenir n’étaient plus qu’un mirage. Son mari désirait l’inconnue qui n’était, en réalité, qu’elle-même. Mais, l’inconnue lui a permis de découvrir que son bonheur était illusion, que son mari était infidèle et qu’elle-même n’a jamais cherché à comprendre ce qui n’allait pas dans sa vie de couple.
L’inconnue n’était autre que la femme qui reposait aux fins fonds de son âme et qui ne s’est révélée que grâce à un pari prononcé dans un moment passager.
Que lui manquait-elle pour que son époux se tourne vers d’autres femmes ? Elle a su rapidement ce que les hommes cherchaient. Elle a compris que même si un homme n’est pas prédisposé biologiquement à être infidèle, il le devenait surtout quand sa vie de couple battait de l’aile, elle a su aussi qu’elle était directement responsable de l’effondrement de sa vie conjugale. Le film expose le téléspectateur à la réalité sur l’amour conjugale. La routine, l’insatisfaction sexuelle, l’émoussement du désir dans un couple, l’absence de communication responsable de l’accumulation des non-dits, le recours au silence pour fuir le face à face, sont autant de facteurs qui nourrissent la rancœur et mènent à l’inévitable conséquence qu’est l’infidélité.
Le film qui se termine sur la rupture reflète l’image actuelle du couple et bien entendu, les causes, aussi nombreuses soient-elle, qui mènent vers l’infidélité. Il avance implicitement les moyens susceptibles d’être mis en œuvre par le couple pour sauver leur vie de couple. L’infidélité reste une suite prévisible à la dégradation des échanges relationnels entre les conjoints. Bannir les non-dits, chercher à comprendre la faille dans le fonctionnement de son couple, maintenir la communication est la meilleure formule pour protéger son couple.
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Aventures extra conjugales
Fidèle en amour, infidèle en plaisir
A la lecture de cet article, nombreuses sont les personnes, femmes et hommes, qui verront les blessures du passé, encore mal cicatrisées, resurgir pour leur rappeler le goût amer de la découverte d’une liaison secrète de leur compagnon. D’autres, bien qu’ayant pardonné l’incartade d’un partenaire fautif, gardent enfouies, dans leur tréfonds, les traces profondes d’une blessure insurmontable. L’infidélité n’est jamais un acte anodin, elle témoigne d’un malaise dans le couple, reflète la fragilité de l’amour et l’inconsistance de la communication intime.
L’infidélité, crise majeure dans le couple, est de nos jours de plus en plus fréquente. Les raisons restent nombreuses certes, mais quels qu’en soient ses motifs, la trahison reste un évènement troublant dont les séquelles marquent l’histoire du couple d’une manière indélébile. Cette crise conjugale, qu’elle soit dissimulée sous une double vie ou un simple accident de parcours, qu’elle soit de cœur, sexuelle ou chronique, perturbe profondément la vie de couple, altère les rapports et mène souvent droit vers la rupture du contrat conjugal. Oublier par amour, pardonner, surmonter, souffrir en silence ou divorcer sont autant de choix qui s’annoncent au partenaire trompé, mais là n’est pas la question. Ce qui nous importe de connaître c’est les plus fréquents motifs qui poussent des conjoints à commettre cette incartade, son retentissement sur le couple et la possibilité de guérir cette blessure sans mettre fin définitivement à son histoire conjugale. Les circonstances qui mènent vers une infidélité sont diverses.
Insatisfaction relationnelle, détachement affectif, peur de l’engagement ou désir de vengeance, l’infidélité a des répercussions sur le long terme qu’il importe de connaître.
Après une infidélité, le passé s’effondre, l’avenir est bouleversé. Si elle entraîne parfois une salutaire remise en question de la relation, elle n’est pas un remède et encore moins une solution. Ce n’est pas non plus parce qu’on est confronté à une pénible épreuve que l’on sera forcément malheureux toute sa vie ou que l’on doit se séparer. Les témoignages de personnes ayant vécu cette épreuve redoutable nous donnent une preuve tangible sur les suites ravageuses de la trahison. Déception, amertume et désillusion.
Amel, une jeune secrétaire âgée de 32 ans, a bien voulu nous livrer son vécu douloureux après avoir découvert l’infidélité de celui qu’elle avait juré d’aimer et de chérir jusqu’à la fin de ses jours. « Mon mari et moi nous sommes mariés après une belle histoire d’amour. Je suis tombée follement amoureuse de lui dès le début. Mariée à l’âge de 22 ans, j’ai dû renoncer à mes études pour m’occuper de mon foyer et ce, sur la demande de mon conjoint. Après quelques mois de bonheur, l’évènement malencontreux survint pour perturber mon existence. Mon mari qui avait pris l’habitude de m’emmener chez mes parents pour passer le week-end semblait m’oublier parfois pour plus d’une semaine. Il y avait de quoi se douter, non ? Un jour, j’ai décidé de regagner ma demeure à l’improviste, et là je découvre la terrible réalité. Il me trompait. Je ne vous ferais pas la description de la situation. C’était extrêmement pénible de voir tous ses rêves effondrés à cause de l’inconscience d’un partenaire insatisfait. J’ai quitté la demeure conjugale en silence, j’ai demandé la séparation et j’ai même sombré dans la déprime. Après le divorce, j’ai commencé à me relever progressivement, mais je ne m’attendais point à ce que tous mes rêves de bonheur finissent ainsi » confie Amel.
Une trahison à double sens
Quel est votre sentiment lorsque, du jour au lendemain, vous découvrez que toute votre existence était fondée sur un mensonge ? Et quel mensonge, se demande Leila. « J’ai mené durant 10 ans une paisible vie de famille et de couple. J’étais très satisfaite de ma vie. Etre debout à 7h00, préparer le petit-déjeuner, réveiller mon époux et mes deux enfants, faire le ménage, partir au boulot, faire les courses et retourner à mon foyer en fin de journée me faisaient énormément plaisir. Je ne pensais pas que mon partenaire puisse me récompenser de la sorte. Me tromper lâchement avec ma meilleure amie. Je me suis rappelée le jour où je l’ai prié de l’embaucher dans son entreprise comme secrétaire. Sa situation de femme divorcée me chagrinait. J’ai pensé bien faire, mais j’ai tendu la main à une personne indigne. J’ai tout fait, durant des années, pour le rendre heureux et voilà ma récompense. Après une période de remise en question, de douleur, de pleurs, de crises de jalousie et de haine, j’ai fini par lui pardonner son aventure. Je ne voulais pas mettre en péril ma vie de couple. Aujourd’hui, je le suis de près, mais croyez-moi, rien n’est plus comme autrefois, même mon amour pour lui a changé. Son infidélité reste ancrée dans mon cœur et mon esprit », témoigne Leïla.
L’infidélité par vengeance
Radia est, elle aussi, une femme trompée par son compagnon, mais elle ne s’est pas résignée à garder le silence et elle n’a pas pardonné non plus ; elle a carrément trompé son époux pour lui rendre la monnaie de sa pièce.
« C’est dur de l’avouer tout haut, mais je suis tombée très bas, en voulant me venger de mon époux qui m’a lâchement trompée. Après avoir découvert ses liaisons nombreuses et la liste de ses maîtresses interminable, je ne pouvais raisonnablement réagir. J’ai succombé volontairement, ou peut-être inconsciemment, à la première tentation pour me retrouver dans les bras d’un autre homme juste parce que mon mari m’a été infidèle. Aujourd’hui, bien que me sachant fautive en ayant réagi d’une manière aussi inconsciente, je me sens soulagée », avoue Radia.
Au sein de notre société, l’infidélité masculine est bien plus tolérée et moins condamnée que l’infidélité féminine qui elle, bien qu’elle existe depuis longtemps, continue à être passée sous silence. Cependant, si par l’infidélité l’homme cherche le plaisir charnel et les émotions intenses qu’il estime sa partenaire incapable de lui donner, la femme est plus à la recherche de complicité, d’amour et de beaucoup d’affection. La froideur de son mari, son indifférence et sa négligence sont autant de facteurs capables de rendre une femme vulnérable au point de ne pouvoir résister au charme d’un inconnu qui sait éveiller en elle le désir que son mari ignore.
Pourquoi devenir infidèle ?
Pourquoi certains succombent-ils à la tentation de l’infidélité ? Pourquoi consulter en cas d’infidélité ? Les femmes sont-elles les seules à être trompées ? L’infidélité est-elle le fait des hommes ? Quel type de blessures cause l’infidélité ? Quelle place accorder au pardon après une pareille épreuve ?
L’infidélité a certes existé depuis la nuit des temps, depuis que l’homme et la femme existent et qu’un instinct charnel les lie. L’instauration d’une société, d’une loi, de valeurs tentent tant bien que mal de réguler les relations entre hommes et femmes. L’infidélité reste l’une des crises majeures que peut traverser un couple, l’une des plus douloureuses également. Pratiquée, de nos jours, par la gent féminine autant que masculine, l’infidélité est assumée différemment : accidentelle du côté des hommes, plus calculée et réfléchie chez les femmes.
Si l’infidélité révèle bien souvent un problème existant au sein du couple, elle témoigne aussi d’un conflit à l’intérieur de soi. Il est donc essentiel de s’interroger sur le pourquoi de l’infidélité, tant du côté de celui ou de celle qui trompe son partenaire que de celui ou de celle qui est trompé. Certains hommes affirment recourir à l’infidélité lorsque la relation conjugale ne comble plus leurs attentes, d’autres diront tout simplement qu’ils succombent facilement au charme d’une femme au point de ne pouvoir contrôler leur envie d’entretenir une relation extraconjugale même de courte durée.
Pour certains, l’insatisfaction sexuelle est la première cause de l’infidélité. "Ma femme ne s’entretient plus, elle se délaisse, me repousse et les instants intimes que nous pouvons vivre ensemble sont vraiment rares. Elle n’accorde plus d’importance à notre couple et j’ai beau lui dire que notre vie intime compte autant que les enfants, en vain", avoue Mohamed.
Les femmes infidèles ont aussi leurs prétextes à avancer. Si les unes affirment céder à la tentation, d’autres avancent le fait de se venger d’un mari infidèle.
Les causes de l’infidélité varient donc selon les individus. Ainsi, l’infidélité serait due à un besoin de variation sexuelle, des représailles dans le couple, une envie de rébellion contre le partenaire, le besoin d’une nouvelle satisfaction émotionnelle et l’émoussement affectif et sexuel sous le poids du quotidien.
Un point important à ne pas sous-estimer, les rapports dans la mixité car les individus, hommes et femmes, dans notre contexte socioculturel, n’ont pas appris à vivre sereinement cette mixité même s’ils prétendent le contraire. Cette mixité génère des sentiments et des émotions que tout un chacun doit savoir contrôler pour ne pas tomber dans des situations peu enviables. La routine et la lassitude qui s’installent à la longue au sein du couple sont dans une majorité de cas à l’origine de l’infidélité.
Donner une chance à son couple
Comment prévenir ce type d’épreuves dans son couple et les éviter ? La réponse est si simple, mais c’est sa mise en exécution qui semble difficile à plus d’un. Il s’agit de la communication, première voie de prévention, de remise en question et d’échange relationnel dans la vie conjugale. La communication ouvre la porte sur tout ce qui tracasse le couple et permet, quand ses fondements sont solides, d’évoquer tous les problèmes quels qu’ils soient et de tenter de trouver une solution. Après une infidélité conjugale, il est nécessaire de prendre du recul et de se donner le temps de réfléchir. Il est certes pénible de faire face à un incident pareil, mais il ne faut jamais prendre des décisions aussi hâtives, dans un moment de colère, car l’infidélité, on le répètera encore, est la preuve que la vie de couple bat de l’aile. Et quand son couple va mal, c’est certainement le fruit d’un mauvais fonctionnement intérieur dont les deux conjoints sont responsables. Donner une seconde chance à son couple est parfois salutaire, notamment quand l’infidélité nous révèle notre part de responsabilité dans la tournure des évènements.
Algérie : Mères célibataires, coupables et condamnées
L’urgence d’une loi
Le thème des mères célibataires au sein de notre société régit par le diktat du silence est un sujet d’une importance capitale qui prend notamment une ampleur considérable. Evoquer le sujet en toute ouverture en touchant aux angles les plus négligés, n’est-il pas tenter de mieux le cerner pour mieux lui trouver des solutions radicales ?
Au sein de l’établissement Diar Errahma de Bir Khadem, dans une chambre assez spacieuse du pavillon réservé aux mères célibataires et qui compte 24 chambres dont la capacité d’accueil de chacune est de 3 à 4 personnes, quatre jeunes femmes étaient en train de vaquer à leurs occupations journalières. L’esprit tourmenté par le poids de la souffrance, ces femmes avaient pour trait commun la même détresse, une détresse profonde et insupportable dans un contexte rigoriste. En effet, les quatre femmes étaient toutes des mères célibataires qui trimballaient avec elles chacune une histoire et une souffrance terrible. Livrées à elles-mêmes, contraintes d’affronter et d’assumer une réalité des plus dures, ces jeunes femmes se sont retrouvées hébergées dans ce centre d’accueil étatique qui leur offre une prise en charge pluridisciplinaire à compter du 7e mois de la grossesse.
Elles consultent régulièrement le service de psychologie, nourries, logées, suivies par un gynécologue, cadrées par des éducateurs qui leur assurent des formations en couture et autres. Elles attendent aussi la délivrance qui n’en est pas une, puisqu’une fois le bébé mis au monde, une longue et interminable lutte contre toute une société s’impose. Pourquoi me suis-je rendue dans ce centre ? L’idée de faire un travail plus approfondi sur le vécu troublant des mères célibataires au sein de notre contexte social me caressait l’esprit depuis longtemps. Certes, cette frange de la société largement marginalisée, est victime d’une sévère condamnation sociale qui lui vaut une condition d’existence misérable. Son statut est flou au sein de notre communauté, ce qui nécessite réellement que l’on se tourne vers la question par l’analyse minutieuse.
Le motif de ma visite au centre était en réalité le placement d’une jeune mère-fille âgée de 25 ans enceinte de 8 mois. En relation depuis 7 ans avec un homme qui lui a promis monts et merveilles, Nadia s’est retrouvée seule face à une grande responsabilité. Délaissée par un géniteur qui a fui lâchement sa responsabilité, épaulée par ses fidèles copines qui n’ont pas hésité à lui porter assistance, elle a décidé d’achever le dernier mois de sa grossesse dans un centre d’hébergement pour éviter un scandale que lui a évité jusqu’alors sa grossesse imperceptible.
Nadia se trouve actuellement, comme de nombreuse jeunes femmes algériennes, envahie d’incertitudes, confrontée à une situation ardue empreinte de confusion. Comment réagir lorsqu’on se retrouve enceinte, dans un contexte intolérant, contrainte d’endosser la responsabilité d’être précocement mère et devoir de surcroît trouver un moyen pour se tirer d’embarras avec un minimum de dégâts. Quel avenir nous réserve le destin ? Comment affronter les autres ? Qu’adviendra-t-il de l’enfant ? Comment supporter la fuite abjecte de l’amant qui promettait tant de bonheur auparavant ? Comment assumer sa responsabilité ? Le thème des mères célibataires au sein de notre société régit par les diktats du silence est un sujet d’une importance capitale qui prend notamment une ampleur considérable.
Evoquer le sujet en toute ouverture en touchant aux angles les plus négligés, n’est-il pas tenter de mieux le cerner pour mieux lui trouver des solutions radicales ?
Les avis divergent sur le thème entre la société qui condamne, les associations féministes qui luttent pour faire reconnaître la part de responsabilité importante du père et qui appellent à l’urgence de l’instauration de lois qui défendent les droits de la maman ainsi que du gosse né sous le statut de X et des victimes qui souffrent en silence. En matière de statistique, en 2007, le ministre de l’Emploi et de
Lorsque en 2006 un député s’est adressé au ministre de l’Emploi et de
Le même député, qui prétendait ne parler qu’au non de la chari’a semble oublier que l’islam préconise la même punition pour le même délit quel que soit le sexe de l’auteur. Qu’est-ce qui explique alors cet arbitraire outrancier ? N’est-ce pas là une preuve de machisme déclaré ? Ne faut-il pas au lieu de juger si sévèrement une mère célibataire, l’aider à affronter sa condition en la protégeant contre l’injustice sociale ? Et puis, n’est-il pas indispensable de rediscuter le statut de l’homme, responsable à son tour ?
L’abandon de l’enfant, une décision pénible.
L’abandon de l’enfant n’est point une décision facile à prendre dans le cas d’une mère célibataire, mais dans une grande partie de cas cette perspective s’impose à la mère même si au départ elle s’entête à vouloir garder son rejeton. En effet, être seule et avoir à sa charge un enfant issue d’une relation clandestine n’est guère une sinécure au sein de notre contexte, ce qui rend la vie difficile à la mère. Si dans certains cas, des mères célibataires ont pu regagner la demeure familiale après avoir accouché, leur réinsertion s’est faite au prix de l’abandon du bébé, témoin d’un grave délit.
Le cas de Souad, une jeune fille originaire d’Alger, âgée de 22 ans est un exemple on ne peut plus illustrateur. Cette jeune personne qui, après avoir découvert tardivement sa grossesse, a recouru aux soins de sa mère, laquelle n’a pas tardé à mettre au courant son fils. D’un tempérament calme et raisonnable, le frère faisant preuve de maturité face à la dure réalité se renseigna sur les centres pour mères célibataires afin de placer sa sœur et éviter le scandale. L’abandon du bébé était la condition sine qua non, avant de retourner à la maison. Peu de temps après, l’enfant fut adopté et la mère fille fut mariée à un homme qui ignorait tout de son passé.
Mlle F. Salmi, sociologue, affirme que la perspective de l’abandon de l’enfant, douloureuse épreuve pour la mère et frustrante étape pour le bébé, est souvent l’unique échappatoire, car il est impossible pour une femme seule de lutter contre un contexte social répressif qui lui ôte tout droit à une existence digne. Reconnue coupable, elle ne peut que se plier à la volonté des siens. « Nous, dans notre tâche d’accompagnement social, déclare la sociologue, préférons que la mère fasse le bon choix et au vu des difficultés que peut rencontrer une mère fille, nous préférons assurer une vie décente au gosse au sein d’une famille d’accueil puisque la majorité des enfants finissent par être adoptés. La femme se libère ainsi d’une lourde charge. Seulement, il existe, faut-il préciser, des cas où la maman parvient à récupérer son gosse, le faire reconnaître par le père ou dans quelques cas, quitter le domicile familial et prendre seule la responsabilité de son bébé. Nous intervenons toujours selon le contexte et la spécificité de chaque cas, mais notre objectif est de respecter et l’intérêt de la mère et celui du gosse. »
Mères célibataires, l’urgence d’une loi
Mme Maaskri Nouria, avocate près la cour d’Alger, n’a pas hésité à évoquer l’absence de lois qui protège la mère célibataire ou lui accorde un quelconque droit. « Aucune loi n’évoque le statut de la mère célibataire ni dans le code de la famille, encore moins dans la constitution. Cela est dû entre autre à la honte qui entoure le tabou ainsi que l’application de
Concernant la reconnaissance paternelle par l’accomplissement du test d’ADN, notre interlocutrice, s’appuyant sur l’article 40 du code de la famille, ajoute que « le test d’ADN n’est appliqué que dans l’unique cas ou le couple marié voudrait confirmer la paternité de l’enfant. Le cas échéant, c’est-à-dire en l’absence de contrat de mariage ou de
Les mères célibataires, selon notre interlocutrice, continuent à être stigmatisées par la société, leur enfants, nés sous X, n’ont aucun droit et parfois, même pas de noms et ceci à cause de l’injustice qui apparaît déjà clairement dans le code de la famille qui institutionnalise une sous-citoyenneté des femmes. « Traiter radicalement ce fait sociétal passe, d’abord, par l’initiation de larges campagnes de sensibilisation visant à faire dissiper les préjugés sur ces victimes, à instaurer une communication familiale notamment, à appeler à une éducation sexuelle et inciter à une révision du code de la famille dans lequel des lois claires qui protègent la mère fille ainsi que son enfant doivent être adoptées », poursuit Mme Maaskri Nouria.
Les centres d’accueil, un refuge
Le centre Darna est l’un des rares centres d’hébergement de filles mères en Algérie. Ce centre de prise en charge de femmes victimes de violence et du code de la famille apporte une aide sociale, psychologique et juridique aux victimes.
Mme F. Salmi, sociologue chargée des fonctions d’assistance sociale et d’écoute au niveau du centre Darna, estime que le sujet des mères célibataires n’est pas nouveau au sein de notre société, mais son ampleur est dû à la culture du silence qui régit les rapports sociaux ainsi qu’à la défaillance de la communication au niveau de la cellule familiale. « Le changement qui s’est opéré au niveau de la société, la libération des mœurs, la précocité des rapports sexuels, le manque criant d’éducation sexuelle, sont entre autres facteurs qui favorisent la propagation de ce fait social face auquel il est urgent de réagir par l’adoption de solutions efficaces, comme l’instauration d’une loi qui protège la maman et son rejeton. La famille, aujourd’hui démissionnaire, est appelée à remplir son rôle dans l’accompagnement de sa progéniture et d’entretenir un terrain de communication susceptible de protéger les enfants de tous les dangers. »
Les mères célibataires continuent à être stigmatisées et condamnées dans notre société, leurs enfants nés sous X sont encore moins à l’abri. Face à un problème sociétal pareil, il devient urgent de réfléchir à l’adoption de lois pour la protection de cette frange marginalisée et de bannir tous les préjugés qui retardent toutes formes d’évolution au sein de notre société.